L'Inde. Par où commencer? Il y a tant à dire, tant à raconter...tout est déroutant ici. Les odeurs, les couleurs, la chaleur, les gens, les sons... enfin, TOUT! Je suis, à la base, une fille qui vit ses émotions disons... intensément. Alors, croyez-moi quand je vous dis que ce pays exploite au maximum cette tendance "montagne-russe" Quand j'ai chaud, je n'ai pas seulement chaud, je me meurs et je me noie dans ma sueur. Quand je suis émerveillée, les larmes me montent aux yeux et j'ai envie de crier de bonheur ou de chanter Pocahontas en hurlant toutes les notes. Vous voyez le genre? Mais bon, assez parlé de moi! L'Inde...
L'Inde se divise en plusieurs provinces, mais surtout, pour moi, elle se divise entre les paysages qui séparent les villes et les villes elles-mêmes. Les paysages se montrent le bout des arbres (quand il y en a) surtout pendant les trajets routiers comme le train, le bus, la moto et l'automobile. Au Rajasthan, c'est-à-dire à l'ouest, c'est-à-dire le désert et la proximité avec les frontières du Pakistan, c'est aride! Il fait environ 48 degrés, le vent nous giffle sa chaleur au visage. Les tempêtes de sable se manifestent de temps en temps. Le sol est fait de sable brun, les arbres défraichis sont plus près du brun que du vert et le ciel est parfois bleu, parfois gris, non pas à cause des nuages (la pluie est très rare en ce coin de pays...on nous a dit que des enfants de 7 ans pouvaient ne jamais avoir vu une goute de pluie de leur vie), mais parce que la poussière envahit le ciel. Il y a des dunes de sables et des chameaux tout partout! J'adore ces bêtes en passant!!
Quand on arrive dans une ville, tout cet univers désertique laisse place à une foire de bruits et d'animation tourbillonnante. Un vrai zoo ambulant et des boutiques occupent chaque pouce carré. Il y a des cochons qui se rafraichissent dans les égouts à ciel ouvert, des chiens errants qui lèchent les devantures des portes en espèrant tomber sur des miettes de je ne sais quoi, des chameaux qui promènent des sacs de blé, des vaches qui se prennent pour des dieux (en fait, elles sont censées posséder, en leur ventre, les dieux hindoux), des singes, des chauves-souris, des éléphants (plus rares et très impressionnants)... Les gens crient sur notre passage pour qu'on vienne jeter un coup d'oeil à leur marchandise qu'ils tentent de nous vendre 4 fois le prix régulier. Les klaxons ne prennent jamais de pause...oh non! En fait, comme le système routier n'est pas très élaboré, les klaxons sont la seule manière de circuler et de se faire comprendre. Belle façon de communiquer! Donc, les voitures, les rickshaw et même les vélo hurlent sans cesse pour tenter de se faire une place sur la route. Les odeurs... hum... j'ai déjà parlé des animaux. Vous devez donc vous douter que ceux-ci n'ont pas de toilettes privées. Les rues sont donc jonchées de...marde. Oui, ça pue! Imaginez tous ces tas de merde à la chaleur dont je vous ai déjà parlée. Autre odeur particulière et très intense qui embaume nos narines constamment? L'Odeur de pisse. Mais pas n'importe quelle pisse. Pensez à votre premier pipi de la journée... imaginez l'odeur de ce même pipi mais 4 fois plus concentré... vous y êtes? Dernière étape, imaginez qu'on passe la serpillère avec ce concentré d'urine et qu'on laisse sécher ça pendant des années... ça sent parfois ça, l'Inde... mais rassurez-vous, les sandales de Ben m'ont servi de vaccin et j'endure désormais ce parfum douteux de mieux en mieux. De toute façon, avec les couleurs qu'il y a ici, les sens ne savent plus où donner de la tête. Les femmes sont belles et portent des saris de toutes les couleurs imaginables! Du rose, du jaune, du vert, du bleu... des fils d'or, d'argent... des bijous à n'en plus finir. Les marchés ne donnent pas non plus leur place quant à cette explosition arc-en-ciel. Les légumes, les fruits, les épices, les tissus...
L'Inde. On ne peut parler de l'Inde sans dire un mot sur la transport en commun, notamment les trains et les bus. La notion d'espace personnelle étant pratiquement inexistante pour les Indiens, nous nous sentons parfois envahis. On fait de belles rencontres, mais on pogne aussi les nerfs de temps en temps. Pascal Goyette, sache que Ben et moi avons souvent une pensée pour toi. Nous nous disons:" si Pascal était ici, il regarderait les fatigants et insistants curieux dans les yeux et leur diraient sa façon de penser!" Pour vous donnez une idée de combien cela peut être désagréable et malalaisant, voici ma petite annecdote du train liant Bikaner et Chandigarh. Nous prenons le train à 5h pm et l'arrivée est prévue pour ...6 h am. Nous passons donc la nuit dans le train. Je me couche et écoute ma musique. Chaque fois que j'ouvre les yeux, les 6 hommes qui m'entourent ont le regard fixé sur moi. Benoit est près de moi, mais dans une autre cabine alors il n'est pas directement avec moi. Je tente d'oublier ces regards et je regarde dehors. À 2h du mat, je n'ai pas encore réussi à somnoler. J'écoute ma musique couchée, les yeux fermée. Mais voilà que je sens une pression sur mes jambes. J'ouvre les yeux et... CALICK!! Pas un, mais deux Indiens ont décidé qu'ils venaient prendre place sur MA couchette... ils me tassent donc dans mon coin et je fulmine!! Un jeune homme d'une vingtaine d'années demande au gars à côté de moi de se lever. Je le remercie intérieurement en me disant qu'il y en a au moins un qui comprend que ça n'a pas de bon sens. MAIS NON!! Il voulait seulement prendre la place du premier! POUR ME JASER! Hey tit clin! Il est deux heure du mat et...C'EST MA PLACE! La mienne!!! Il me fait des sourires lubriques et j'ai envie de lui vomir ma rage dessus. Finalement, le contrôleur arrive et me demande mon ticket...que j'ai déjà montré il y a 7 heures! C'est ce que je lui dit (de façon très très sec!). Il dit alors aux intrus de me laisser ma place... ils se lèvent, mais pour aller importunéer les sièges qui m'entourent et ils passent la nuit à me fixer. Ok. Je comprends leur curiosité et je comprends que c'est une différence culturel...mais vraiment. J'Étais à bout de nerf. Un homme décide aussi qu'il prend ma bouteille d'eau et en boit. Je le regarde avec des couteaux dans les yeux (l'eau est rare quand tu es dans un train au milieu du désert)...je pense même que j'ai grogné! Voilà à quoi ressemble un beau moment typique d'une ride de train à l'indienne!
Je vous laisse là-dessus en insistant toutefois sur un détail: oui, les moments comme celui que je viens de décrire peuvent être pénibles à vivre. Toutefois, ils font partie intégrante de ce voyage et j'apprends de mieux en mieux à passer par dessus. Sur le coup, je suis en plein dans mes émotions et je les laisse souvent me dominer, mais je garde également en tête que chaque fois que je vis des trucs moins agréables, un moment magique suivra et je me réconcilierai avec l'Inde.
En fait, je crois que je ne pourrais pas mieux décrire mes sentiments envers ce pays: j'entretiens une RELATION AMOUR-HAINE avec l'Inde. Et comme toutes les relations de ce genre, l'intensité est constante...et c'est bien la seule chose qui ne change pas! La passion me rongerai tous le temps que je serai ici et quand tout sera terminé et dernière moi, je sais que la nostalgie s'emparera de moi et que je n'oublierai jamais tout ce que j'ai vécu ici... et pour vivre, MAUDIT QUE JE VIS!